Qu'on arrête les amalgames et les raccourcis spécieux. C'est pourtant simple, comme l'a très bien expliqué Olivier Chastel l'autre matin sur la RTBF: le capitalisme est un outil et le libéralisme un projet. Si vous ne savez pas faire la différence entre Richard Fournaux et une scie sauteuse, alors ne venez pas vous plaindre de trouver la vie compliquée.
La vache, c'est pourtant simple, le capitalisme fait "rrrouaaawwwww!" (cri de fauve), alors que le libéralisme fait "tchip tchip tchip!" (chant d'oiseau).
Toute proportion gardée, là où le capitaliste est un requin, le libéral lui est un maatje.
Le capitalisme c'est un outil, c'est prosaïque un outil, ça traîne dans la boîte à outils et ça s'achète au Brico. A l'inverse, le libéralisme est un projet d'émancipation, comme le bouddhisme ou la Formule 1.
Le libéralisme, ça ne s'achète pas chez Brico mais chez Rob.
Jean-Paul Votron est capitaliste.
Carla Bruni est libérale.
Le dépeceur de Mons, on ne sait pas qui il est, mais on sait qu'il est capitaliste, alors que les tueurs d'André Cools, eux, ils sont libéraux.
De petits entrepreneurs libéraux.
Par nature, il n'y a pas de capitaliste sympa, alors que chez les libéraux il y en avait un, Jacques Simonet ; malheureusement il est mort.
La procédure Renault c'est triste, c'est capitaliste.
La DLU, c'est joyeux, c'est libéral.
C'est simple, le capitalisme constipe, le libéralisme émancipe.
A la question: comment dans ce brouillard de début d'automne, peut-on reconnaître le capitalisme du libéralisme, Olivier Chastel répond sans détour. Si on peut lui associer les mots "certain", "sauvage" ou "débridé", il s'agit de capitalisme.
En effet, si on ne parle jamais d'un certain libéralisme, ou d'un libéralisme sauvage ou débridé, c'est précisément que le libéralisme n'est pas sauvage, il est gominé comme les cheveux de Serge Kubla et mis en plis comme ceux de Philippe Monfils. Et s'il lui arrive parfois d'être ultra, c'est simplement par excès d'enthousiasme. Madame Thatcher, elle était simplement trop enthousiaste!
Le capitalisme, lui, est dérégulé. Sous leurs airs geignards de mauvais perdants, les petits porteurs rincés par la dégelée de Fortis ne sont en fait que d'immondes capitalistes, alors que Pieter Timmermans, le patron de la FEB, est un libéral. Libéralisme vient de libéralité: un don, un legs. Le libéralisme, c'est donc un cadeau. Un cadeau du ciel!
La preuve: vous regardez en l'air, si le parachute est doré, c'est que le type pendu en dessous est capitaliste, si le parachute est en loden, c'est que c'est François-Xavier de Donnéa.
Quand Gainsbourg brûlait un billet de 500francs, c'était du capitalisme.
Quand Michel Sardou chante "Je veux l'épouser pour un soir", c'est du libéralisme.
S½ur Emmanuelle qui faisait travailler en noir ses petits chiffonniers du Caire était capitaliste, alors qu'Alain Destexhe est un libéral.
Nick Rodwell, c'est un capitaliste, Olivier Chastel, c'est un libéral.
Lakshmi Mittal, c'est un étranger, c'est un capitaliste.
Albert Frère, lui, est belge. Il est donc libéral.
Le capitaliste a fait Solvay, alors que le libéral a passé son petit jury chez Rudy Bogaerts. Et si en général, le capitaliste comme le libéral souffrent d'un excès pondéral, chez le libéral c'est du bon cholestérol.
C'est donc simple, le capitalisme c'est un outil, le libéralisme, c'est un projet de société.
La rage, on en meurt. Le choléra, bien soigné, on peut en sortir...
Ce texte n'est pas de moi, mais malgré tout, j'ai tenu à le mettre. Il est de circonstance, n'est-ce pas ?
Hommage à J. d'Oultremont.
M.B.